Coup d’œil dans le roadbook de Louis Louka

Angélique Belokopytov/ novembre 21, 2017/ La minute belge/ 0 comments

Coup de projecteur sur un rôle de l’ombre dans l’univers du rallye. Rencontre avec Louis Louka, représentant de l’équipe nationale aux côtés de Guillaume de Mévius. Simple, humble et conscient de son travail, il vous partage la passion qui l’anime depuis des années pour vous faire découvrir ou redécouvrir le baquet de droite.

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Tu commences le rallye en 2012. La question est simple mais pourtant fondée : comment se lance-t-on dans cette discipline et pourquoi en tant que copilote ?

« Pourquoi ? C’est une énigme pour moi. Parce que je n’ai aucun antécédent familial, dans mon entourage personne ne fait de sport automobile. Mon papa en fait, mais c’est d’abord parce que je me suis intéressé au sport automobile quand j’étais petit, que par plaisir personnel à la base. En fait, je suis tombé une fois sur une émission télé qui ne passe plus aujourd’hui, ça s’appelait « Champions » à l’époque sur la RTBF, et tout petit, j’ai été absolument passionné par ça. Puis, j’ai acheté des revues et autres, j’ai traîné mes parents dans la boue, les pauvres, pour aller voir des rallyes. Et naturellement, j’ai commencé à avoir envie d’en faire et n’ayant pas la confiance en moi au niveau du talent derrière un volant, ni les budgets -parce que mine de rien, c’est un sport qui est assez onéreux- je me suis dit que j’allais me lancer comme copilote pour ces facilités-là au final. J’ai mis une petite annonce sur un site spécialisé, parce qu’il y a quand même beaucoup de pilotes dans les rallyes régionaux qui cherchent des copilotes et j’ai eu la chance qu’il y en ait eu un qui me prenne et qui soit content de ma performance. Il m’a recommandé à d’autres et le bouche à oreille a fonctionné. »

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Le débuts de Louis aux côtés de Luc Klouytten en 2012 à Mettet

Donc, être copilote, de base, ce n’était pas un choix par passion ?« Je tiens quand même à préciser que je n’ai pas choisi d’être copilote dans le but d’être pilote parce que beaucoup pensent ça et me demandent « Un jour tu voudras donc passer pilote ? » et je réponds que pas du tout. En fait, en évoluant, dans mon adolescence, en prenant gout pour le rallye, j’ai vite été intéressé par ce rôle de l’ombre, on parle beaucoup du pilote et pas du copilote, c’est une tâche cachée – je ne veux pas dire ingrate parce que c’est mon métier- mais on fait beaucoup de choses qu’on ne voit pas au final, on est un peu la partie immergée de l’iceberg et c’est ce côté-là qui m’a plu et que j’ai développé. Ma passion s’est développée autour du sport auto mais version hors feu de la rampe, si on peut dire. »

Selon toi, quelles sont les plus grandes différences entre un copilote et un pilote ?

« C’est une excellente question ! Ça dépend de la personnalité de chacun, un peu comme pour tout. Je ne sais pas s’il existe une qualité ou un défaut qui différencie vraiment les deux. Il y a des qualités qu’un copilote doit absolument avoir, par exemple être un minimum organisé parce qu’on a tellement de micro tâches à faire que si on ne s’organise pas, on est très vite dépassé, il faut être rigoureux, toujours avoir une montre en main puisque tout est minuté et rythmé. En général, un pilote est moins structuré qu’un copilote. Après, j’ai la chance d’en avoir un qui se sent impliqué à tous les niveaux, il s’intéresse justement à à peu près tout, il est assez structuré et il a beaucoup d’automatismes… mais sinon je pense que c’est ce qui différencie les plus un pilote d’un copilote: un copilote est beaucoup plus structuré et organisé je dirais. »

Comment se passe le travail d’un copilote ? Par exemple, tu as un rallye, comment est-ce que tu t’organises ?

« 80% du travail d’un copilote c’est avant la course, même la semaine avant qu’on soit sur place, on a énormément de travail un bureau tout simplement, en préparation d’itinéraire, de reconnaissance qui prennent beaucoup de temps. On fait ça avec des outils numériques qui nous aident beaucoup, on a pas mal de documents fournis par l’organisateur du rallye, un itinéraire évidemment, un programme de reconnaissance, le timing du rallye, etc. On prépare concrètement les reconnaissances, souvent, on fait un plan de consommation de l’essence en combinaison avec un ingénieur pour voir si on a les mêmes valeurs. Ce que je fais pas mal, c’est que j’envoie à mon pilote les comparaisons avec les années précédentes, comme ça aussi, avec les vidéos qu’on trouve sur internet, il peut déjà lui, préparer de son côté pour mémoriser les spéciales et voir ce à quoi il va être confronté au final. C’est ce qui prend le plus de temps, il faut compter environ une semaine de travail.
Et sur place, c’est un peu comme un musicien qui lit sa partition, vu qu’on a tout préparé en avance, on sera aux bons endroits, aux bons moments en essayant de respecter ce qu’on a préparé, mais il y a toujours des imprévus bien sûr. »

Justement, tu le mentionnes, la plus grande crainte pour un duo en rallye, ce sont les imprévus.

« C’est exactement ça. Notre obsession c’est de tout préparer, s’il y a quelque chose qu’on n’a pas préparé ou un aléa qui vient mettre des bâtons dans les roues -c’est le cas de la dire- c’est ce qu’il y a de plus stressant mais en général on a de bons plans B. Mais effectivement, c’est un paramètre important, mais on se rode et on trouve des solutions avec l’expérience petit à petit. »

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Louis et Guillaume en caméra embarquée au rallye terre de Lozère  ©Youtube

Petit retour sur ton premier rallye que tu as disputé à Sombreffe, quels souvenirs est-ce que tu en gardes ?

« Je me souviendrai toujours du décompte avant la spéciale. Cette main, 5-4-3-2-1, je m’en souviendrai vraiment toute ma vie. C’était un peu comme dans un rêve, je l’avais tellement voulu ce moment. En plus, j‘avais eu pas mal de soucis pour faire mon premier rallye parce que j’avais un ami qui voulait qu’on roule ensemble, il était adorable mais il avait une voiture pas super fiable et il repoussait à chaque fois ou déclarait forfait. Donc à chaque fois, j’étais impatient et puis on ne roulait pas, c’était plutôt difficile. Le fait que ça arrive enfin, c’était magique, j’ai pris beaucoup de plaisir. Et surtout, ma première crainte était de savoir si j’avais bien fait mon job et la réponse a été positive tout de suite donc tout se passait vraiment comme dans un rêve. C’était plus un rêve éveillé qu’un premier rallye au fond, c’était assez surprenant. »

Et te voilà, cinq années plus tard à disputer les plus prestigieux rallyes. Quelle a été ta plus belle évolution à ton avis ?

« Ça peut paraître peut-être très prétentieux mais je suis tout simplement fier, du moins heureux, du parcours que j’ai fait. Ça ne fait que cinq ans que je roule et j’ai la chance aujourd’hui de représenter l’équipe nationale, c’est aussi surtout grâce au fait que mon pilote a été sélectionné, j’étais un peu au bon endroit, au bon moment. On est suivis par un constructeur, Peugeot, on est suivis par le RACB, qui est la Fédération Belge, difficile de rêver beaucoup mieux comme ascension en si peu de temps. Surtout qu’en général, c’est l’expérience qui prime, on choisit souvent un copilote pour son bagage. J’ai eu la chance qu’un jeune pilote me fasse confiance et qu’on arrive à évoluer comme ça ensemble. L’évolution globale, j’en suis assez satisfait et j’espère qu’elle va continuer. »

Tu l’as évoqué justement, le RACB, c’est un nouveau chapitre qui a démarré en 2016. Comment as-tu vécu la sélection ?

« J’étais sur place au moment de l’annonce puisque c’est mon pilote qui a été sélectionné. En fait, dans les sélections du RACB, il y a d’abord deux

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Sélection RACB 2016. De gauche à droite: Denis Dupont, Sam Dejonghe, Guillaume de Mévius et Louis Louka. ©RACB

étapes que Guillaume (De Mévius) a faites, seul. Ensuite pour la finale, le pilote doit venir avec son copilote parce qu’on nous met dans des conditions réelles de rallye, avec une voiture de course sur une spéciale, le shakedown du Spa Rally. Et c’était trois jours à moitié excitants, à moitié stressants parce qu’il y a ce côté où il faut donner le meilleur de soi-même mais on n’a aucune idée des chronos des autres concurrents, où on se situe par rapport aux autres. En plus, la délibération a duré deux heures et demies, c’était horriblement stressant : on était tous là à se regarder et à se demander si on sera pris. Et j’avoue que plus les minutes passaient, moins j’y croyais. Finalement, ils ont annoncé le vainqueur et j’ai eu de la chance que ça soit mon pilote. »

Sélection faite, comment est-ce que tu qualifierais ton aventure RACB ?

« C’est un grand plus dans l’encadrement et presque dans l’hygiène de vie en fait, parce qu’on a beaucoup de suivi physique, on a deux entraînements par semaine qu’on n’a pas en général. Du moins, en tant que copilote je ne me suis jamais dit que j’avais besoin d’entretenir grandement ma condition physique. On a également de l’encadrement sur nos courses avec des objectifs précis. Parfois, certains pilotes veulent tout de suite montrer ce dont ils sont capables et il y a cette précipitation qui n’est pas toujours bonne, et c’est ce qu’on n’a plus, puisqu’on a des objectifs à plus long terme que de simplement prouver sur une course qu’on va rouler vite. On a un plan qui est plus long qu’une ou deux courses et ça permet de se dire que oui, il faut aller vite, mais il faut aussi prouver ceci ou cela et ça permet de canaliser l’énergie qu’on veut mettre dans notre performance, elle reste la même, mais c’est l’intensité qu’on va utiliser différemment. »

Actuellement, tu évolues sous quel statut : professionnel ou amateur ?

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©Rallye-passion

« Actuellement, j’ai terminé mes études et je ne fais plus que du sport automobile, donc oui, je suis professionnel. Mais on est peu de copilote à pouvoir en vivre à plein temps. Bien sûr, il y a Nicolas Gilsoul (ndlr. copilote de Thierry Neuville) puisqu’il est en championnat du monde, c’est son métier et il est avec le meilleur pilote belge en activité, donc évidemment qu’il peut en vivre. D’autres aussi peuvent en vivre. Moi aussi, j’ai la chance de pouvoir en vivre mais, avant d’en vivre bien comme certains grands copilotes, il y a un sacré chemin. Si on veut bien vivre, j’ai envie de dire qu’il ne faut pas faire copilote. J’ai la chance de pouvoir vivre de ma passion, de ce que j’ai toujours voulu faire et je ne m’en plains certainement pas. »

 

Question fatidique qui revient souvent dans le sport moteur : au niveau du financement de tes courses, est-ce que tu dois encore aller dénicher des sponsors ou tu es sous l’aile du RACB ?

« Personnellement, je ne dois pas du tout amener du budget, ce n’est pas mon domaine et j’ai dû rarement en amener d’ailleurs. Pour être totalement honnête et ce n’est pas une langue de bois, je ne sais pas trop comment sont répartis les budgets. Je sais que le RACB nous aide beaucoup, que Peugeot Sport Belgique Luxembourg nous aide aussi, ils sont vraiment dévoués, c’est une sacrée équipe là-bas: c’est une grande famille et ils font leur possible pour nous. Je pense que ces deux-là financent notre saison belge, pour le reste, je ne sais pas comment ça se passe. En tout cas du côté personnel, je ne dois pas faire moi-même des recherches de sponsors, ce n’est pas mon domaine. »

Tu as également été étudiant, comment est-ce que tu as fait pour combiner les deux ? Tu as eu droit à un statut étudiant ?

« Non, je n’ai pas eu ce statut-là. À force, certains professeurs qui savaient ce que je faisais et étaient plus compréhensifs. Mais au grand désespoir de mes parents, j’ai fait souvent passer le rallye avant mes études mais je m’en suis relativement bien sorti… j’ai peu été aux cours pour pouvoir préparer mes courses, je m’y suis souvent pris à la dernière minute pour préparer mes examens ou encore mes travaux mais je ne vais pas mentir, c’est tout à fait possible de combiner les deux: oui, c’est difficile, on sort moins, on a moins de vie sociale mais ça fait partie des choix à faire. Je pense que si on a une passion dans laquelle on veut vraiment y arriver, ce n’est pas un sacrifice au final. Mais je serais très malhonnête de dire que j’ai été très assidu dans mes études et que le rallye était secondaire, ça serait un mensonge (rires) »

Et malgré tout, tu as réussi à obtenir ton diplôme et t’investir d’autant plus dans ta passion. Sur toute ta carrière, est-ce qu’il y a une voiture qui t’a marquée plus que d’autres, est-ce que tu as une petite préférée ?

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© Ced. D Photography

« Bizarrement, j’ai un gros coup de cœur pour la dernière, c’est la plus performante. Après, il y a beaucoup de voitures qui me font rêver de quand j’étais petit, certaines dans lesquelles j’ai pu monter, d’autres non, mais c’est plutôt des vieilles voitures. Par exemple, j’ai roulé dans une Ford Escort historique, qui était un peu la WRC des années 80 et j’ai pris un pied d’enfer, c’était magnifique, c’était l’extrême opposé des voitures actuelles : pas quatre roues motrices, pas d’aides… rien avoir avec ce qu’on a aujourd’hui mais le plaisir est équivalent. »

La petite dernière, c’est avec Guillaume De Mévius que tu la partages. Comment tu décrirais ta relation avec ton pilote ?

« On a une bonne relation. On n’est pas du tout amis dans la vie. On a tendance à avoir les mêmes centres d’intérêts mais on se force à ne pas avoir ce côté copinage parce qu’on est là pour travailler ensemble, même si on est jeunes, on se force à avoir une relation professionnelle avant tout. Evidemment, en dehors, ça ne nous empêche pas de se faire des blagues ou autres mais dans une voiture, en reconnaissance ou en course, on ne parle que de ce qu’on est venus faire et on se concentre sur ce qu’on doit faire et chacun rentre dormir chez soi. On ne va pas boire des verres ensemble, on garde notre relation uniquement professionnelle. J’ai une grande chance, c’est d’avoir un pilote qui nous considère à deux. Je ce que je veux dire, c’est que souvent, un pilote, ça a beaucoup d’égo, c’est un peu égoïste. De mon côté, j’ai un pilote qui m’inclut dans beaucoup de choses, il parle très souvent en « nous », j’ai la chance que Guillaume soit quelqu’un de très loyal. »

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© L’Avenir

Est-ce que c’est important pour toi d’avoir et d’entretenir cette distance avec ton pilote ? Est-ce que ça permet d’éviter des conflits potentiels ?

« Je ne sais pas si c’est vraiment pour éviter les conflits mais on a beaucoup de courses sur l’année, on passe donc beaucoup de temps ensemble dans trois mètres carrés. La mise à distance est nécessaire quand on est hors de cet habitacle, sinon par la force des choses, on a beau s’entendre, on sature : on est tout le temps avec la même personne, on est loin de chez nous, on ne voit pas forcément notre entourage, on ne voit que cette personne. Pour éviter cette saturation ou ce sentiment d’oppression, on préfère faire le vide de notre côté dans les moments où on ne doit pas forcément être ensemble. Surtout que j’ai beaucoup de choses à faire de mon côté, que je ne peux faire que moi, et il n’a pas à intervenir dedans et inversement.  C’est pour une optimisation du temps aussi. »

Est-ce que tu pourrais envisager de courir avec quelqu’un d’autre ?

« Oui tout à fait, c’est possible. Il y a plusieurs copilotes qui combinent plusieurs programmes, dans un sens où c’est un métier : on se met au service de plusieurs personnes. Dans mon cas, je n’ai pas vraiment d’intérêt à le faire puisque j’ai un programme majeur qui devrait me mener à un haut niveau et donc je me consacre à 100% à celui-là. Après, s’il y a moyen de faire des one shots avec d’autres personnes pour d’autres raisons ou dans une autre optique que celle dans laquelle je suis avec Guillaume, pourquoi pas, si ça n’interfère pas, mais ça n’est pas l’essentiel. C’est un service qu’on donne à quelqu’un donc comme tout professionnel, il y a moyen de se mettre au service de quelqu’un d’autre si nécessaire ou si possible. »

Tu es un sportif, on imagine bien que ton temps libre est plutôt limité. Malgré ça, est-ce qu’il y a d’autres sports que tu suis ?

« J’aime beaucoup le tennis mais je n’ai pas toujours l’occasion de suivre tous les tournois mais bon, je ne peux pas rater Roland Garros, ça c’est impossible ! J’aime aussi le vélo mais je ne suis pas du tout assidu suffisamment pour tout comprendre en détails, par manque de temps. »

Comme tu le dis, tu as peu de temps à ta disposition parce que tu as un programme chargé. Tu nous reviens tout juste du Condroz. Comment est-ce que tu l’as vécu ?

« C’était une super expérience. On a été titré Champions Junior et ça c’est top ! Mais on n’était plus trop maîtres de notre destin puisqu’on a changé de catégorie : on est passés en

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©Damien Saulnier

R5, la catégorie reine en Belgique. C’était une première avec ce type de voiture pour Guillaume et on s’attendait honnêtement à faire juste une course raisonnable en accumulant les kilomètres pour apprendre, dans notre tête on allait pas du tout performer puisqu’on était en pleine découverte. Finalement, on était bien surpris, puisqu’on était 7e et bien dans le coup, au chrono, on était à deux dixièmes au kilomètre de la tête, ce qui est vraiment peu pour une découverte. On était les premiers surpris. Et puis, on s’est fait avoir comme deux bleus sur un asphalte très glissant, que de base on avait repéré et qu’on pensait gérer suffisamment mais pas assez que pour finir dans le pilonne malheureusement. »

Tu viens de l’évoquer, tu as évolué en catégorie R5 au Condroz. Est-ce que tu peux expliquer ces catégories parce qu’on connait tous le championnat du monde qu’on regarde à la télévision mais il en existe bien d’autres.

« En fait, il y a le championnat du monde, le WRC, ensuite il y a une sous-catégorie, plutôt l’antichambre du WRC qui est le WRC2 qui se court avec les voitures de catégorie R5. La R5, c’est la catégorie reine en Belgique, la deuxième, au niveau mondial et la première en championnat d’Europe. Mais elle n’a finalement rien avoir avec le WRC, ce n’est pas vraiment une rampe de lancement pour arriver en championnat du monde, on pourrait plutôt dire que c’est un peu comme deux championnats différents. »

Lorsque vous courrez, Guillaume et toi, c’est dans le cadre d’un championnat avec programme avec un calendrier bien établi d’avance ?

« Exactement. Ça se fixe en début d’année, on décide le championnat qu’on vise. Par exemple, en 2016, sur initiative privée, Guillaume s’est lancé en 208 Cup Peugeot en France, c’est un championnat mono-marque où tout le monde a la même voiture et le but est bien

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©Speed Magazine

sûr d’être le plus performant. Et en fin d’année, on a été sélectionnés par le RACB, qui nous a demandé de nous concentrer sur la Belgique et viser le championnat Belgique Junior, puisqu’on roulait en catégorie R2, qui est la catégorie inférieure à celle dans laquelle on court maintenant. On est champions de Belgique Junior, donc en toute logique, on passe à la catégorie supérieure qui est la R5. J’espère que tu me suis toujours (rires) »

 

Au niveau de ton avenir proche, ta saison 2017 n’est pas encore terminée comme on aurait bien pu le croire après le Condroz, tu vas disputer un rallye au Var avec Guillaume.

« Tout à fait ! On l’a appris sur le tas juste après le Condroz, mais effectivement, on va faire le rallye du Var, qui est la dernière manche du championnat de France. »

Et petite pépite de cette étape : Sébastien Loeb est engagé.  Qu’est-ce que ça te fait de te dire que tu vas rouler presque aux côtés de quelqu’un comme Sébastien ?

« Ça fait tout drôle… en fait je n’y avais pas encore tout à fait réfléchi à ce que ça fait, mais effectivement… Loeb est engagé ! (rires) C’est top, c’est un plaisir de côtoyer des champions pareils. Surtout que ce sont des gens très accessibles, il y a possibilité de parler avec eux. Finalement, entre pilotes, on est très détendus, il n’y a pas ce côté vedette, on est souvent très cool entre nous. Après, c’est certain, on ne pourra pas se mesurer à lui puisqu’il ne court pas du tout avec la même voiture que nous mais ce n’était pas le but de toute façon, on a encore beaucoup à apprendre avant d’y arriver. (rires) »

Quelles nouvelles pour 2018 et quid de ton avenir lointain, jusque quand tu te vois rouler ?

« Jusque quand ça sera possible, si je peux être dans un baquet à 75 ans, j’y serai toujours ! Et pour 2018, je ne sais pas encore, je sais qu’on reste soutenus par le RACB, je sais qu’il y a des projets dans les cartons, il y a de fortes chances qu’on nous revoit dans une voiture jaune en Belgique. Pour le reste, il y a plusieurs pistes en cours mais aucune décision n’est encore prise mais on roulera en 2018, c’est sûr ! »

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Condroz 2016 ©www.auto-center.be

Angélique Belokopytov

 

 

 

 

 

 

 

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About Angélique Belokopytov

Le ronronnement des moteurs m'a bercée depuis ma plus tendre enfance et rythme mon quotidien. Amoureuse de la course et du journalisme depuis des années, vivre de ces deux passions m’apparaît comme une évidence. Comme Schumi l'a dit un jour: “I’ve always believed that you should never, ever give up and you should always keep fighting even when there’s only a slightest chance.”

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