Angélique Belokopytov/ March 16, 2017/ International, Interview/ 0 comments

[01/05/2016]

Au coin d’une allée pavée du Paddock de Sotchi, l’Australie a établi ses quartiers sous l’effigie autrichienne. Le sourire de Daniel Ricciardo illumine la terre d’accueil russe. La boussole de l’humour vous indiquera le nord pendant que vous lirez le guide du petit Ricciardo.

D’une plume russe à une caméra anglaise suivis par un micro allemand, cinq groupes de journalistes en à peine vingt minutes. Un rythme effréné pour une même rengaine : stratégie, voiture, test de l’Aéroscreen. Les questions semblables affrontent les réponses similaires, essence d’une course médiatique en régime automatique. Alors prenons le temps de s’asseoir dans les chaises confortables du motor-home orné du taureau et changeons de ton. Visière levée et pied sur le frein, n’avez-vous jamais eu envie de découvrir cinq choses à propos de Dany ?

Un enfant dans la cour des grands

Ricciardo in Sochi © Angelique BelokopytovCouverture

Daniel, c’est la bonne humeur incarnée. Célèbre pour son large sourire qui illuminerait le Paddock le plus triste, il nourrit une positive-attitude sans limites. Un secret beauté, créateur de mille rides du bonheur, qui lui vient de l’enfance. « J’ai toujours été comme ça, c’est depuis que je suis tout petit. Si tu regardes des photos de moi, je suis tout le temps en train de sourire ou de rire. Je pense que ça vient beaucoup du fait que je n’étais jamais calme, et assez immature, je ne prenais pas les choses au sérieux. Maintenant, c’est sûr que j’ai grandi depuis… un peu (rires). Mais une part de moi-même reste enfantine. Je continue à trouver les choses stupides drôles, je l’assume totalement, j’ai un humour un peu sot. »

 « J’étais celui qui retirait les chaises quand mes amis s’asseyaient »

Un trait de caractère difficile à changer, qui ne s’est d’ailleurs pas perdu avec les années. « En plus, j’avais un gros défaut : je n’apprenais pas de mes erreurs. Si j’en faisais une et que mon père me grondait, il me disait ‘ne fais pas ça’, tu pouvais être sûr que j’allais le refaire un de ces quatre. »

Toujours aujourd’hui, l’Australien n’en manque pas une. Cerise sur le gâteau, il a même trouvé un compagnon de jeu : Felipe Massa. Les deux grands enfants farceurs oublient rapidement les presque dix années qui les séparent et ne cessent de se taquiner.

Stickers battleCouvertureCouverture

De préférence, sans aileron

Une joie de vivre qui aide à pallier à la pression quotidienne de son travail. Les pilotes F1 ne sont pas seulement des petits surhommes casqués qui s’offrent la possibilité de prendre des risques incroyables. On oublie souvent que derrière la visière, se cache un homme qui possède ses limites. Ricciardo n’échappe pas à la règle. Évidemment, les courses ne l’effraient pas, mais d’autres choses ont la capacité de faire caller le moteur australien. « Les requins, les serpents, je ne les aime vraiment pas, et les araignées aussi mais seulement les plus grosses. Par exemple, je ne vais jamais surfer parce que je suis trop effrayé par les requins. J’ai quand même tenté le coup, il y a quelques semaines d’ici en Australie, je me suis dit ‘allez ok, lance-toi !’. Je dois bien avouer une chose : je n’ai pas osé aller trop loin de la côte (rires), mais je l’ai fait ! Une autre chose que je n’aime pas, c’est la hauteur. Après, j’ai cette volonté de me tester, j’aime bien essayer de dépasser mes peurs, mes limites. J’essaie de faire de plus en plus de choses que je n’ai pas l’habitude de faire. Du coup, je me suis dit qu’un jour, je testerai peut-être le saut en parachute. »

Ses terres natales sont le meilleur endroit pour ce type d’expérience. Même chez lui, impossible de rester en place. Il profite de son retour au pays pour s’adonner à ses activités préférées. « J’adore faire du motocross, ou de la moto tout court, c’est vraiment chouette. Comme beaucoup de mes amis partagent cette passion, on a des petites traditions: on se donne rendez-vous le matin et on roule toute la journée, on en profite à fond. Un de mes passe-temps favori aussi, plus calme cette fois, c’est la pêche. »Dany and his friends (from Twitter)Couverture

La partition de son quotidien

Apprécier la vie, la prendre telle qu’elle vient, un leitmotiv que le pilote vit également au travers de la musique. Littéralement amoureux de ce qui fait danser les gens, il ne peut se passer une journée sans que Ricciardo s’accorde un temps musique. Grand amateur de festivals, il a pris part à quelques-uns avant la saison et tentera de participer à un autre qui se déroulera entre le Grand Prix de Russie et celui d’Espagne (ndlr : un peu plus d’une semaine entre les deux étapes) : « ça sera chaud ! (rires) » Ses écouteurs l’accompagnent même jusque dans le baquet de sa voiture, un instant avant de prendre part à une course. Il aime s’entendre dire que c’est comme un « pré-départ », le premier démarrage réussi avant le départ définitif à l’extinction des feux. « C’est le meilleur moyen pour me préparer à la course et me mettre dans ma bulle. La musique représente tellement de choses ! Avant tout, c’est des souvenirs : quand tu entends une chanson, elle te ramène toujours à quelque chose, à quand tu étais jeune ou à un événement. C’est un peu comme un album photo. Ça m’apporte aussi une part de liberté je pense, de la paix. Quand je suis stressé, nerveux, je vais voir un groupe en concert ou j’écoute un album, ça change tout. C’est difficile à expliquer comme ressenti, c’est comme si j’étais emmené dans la musique. J’ai remarqué une chose, tout le monde est heureux avec la musique, c’est pour ça que les gens vont à des concerts ou des festivals, tout le monde bouge la tête ou danse. Pour moi, c’est un des meilleurs environnements. »

Les amis ou la vie

CouvertureComme un pilote se bat pour décrocher un titre mondial, l’être humain se bat pour ses objectifs personnels de vie. Daniel a défini les siens : être heureux et ne pas avoir de regrets. Il affirme avoir trouvé ce bonheur à cent pourcent, le défi désormais, c’est de l’entretenir. « Ce qui est important pour moi, c’est de toujours pouvoir se rappeler de ce qui me rend heureux. Par exemple, mes amis, ceux avec qui j’ai grandi – ceux à qui j’ai retiré les chaises (rires)– j’ai besoin de ces personnes dans ma vie, ils sont une grande part de mon bonheur. Voyager et me faire de nouveaux amis, ça aussi contribue. Je pense que c’est ça le plus important, tous ces amis que j’ai autour de moi et qui me rendent heureux. » 

Nul besoin de préciser que son job de pilote F1 contribue largement à ce bonheur. « À la base, lorsque j’ai commencé les courses, ce n’était évidemment pas pour l’argent. J’ai un amour pour la compétition et j’ai besoin de temps en temps de me dire que c’est ce que je fais toujours. Bien sûr, maintenant je suis payé pour ça, et ce n’est pas mal. Mais je continue à apprécier la compétition en elle-même, c’est bien pour ça que j’aime autant ce sport. »

La course dans le coeur

La musique et la compétition, voilà les deux univers qui font donc vivre Daniel autant que lui-même les fait vivre. Cet esprit compétitif, il le revendique comme une force, telle la définition qu’un dictionnaire accrocherait à son nom. Si la vie l’avait dirigé vers une autre destinée, c’est par le challenge qu’il l’aurait accomplie. « C’est l’une des seules choses que j’arrive à faire : utiliser mon esprit compétitif. Même si ça devait être dans le business par exemple, j’aurais fixé une cible à atteindre et la compétition aurait été le meilleur moyen pour moi de l’atteindre. Et cet esprit, il s’ajoute à la liste des choses qui me rendent heureux. »

Couverture

« L’art de vivre vite et bien, avec le sourire s’il vous plait ! » c’est ainsi qu’on pourrait titrer le guide du petit Ricciardo. Une philosophie à part entière pour une vie à trois-cent à l’heure.

Angelique Belokopytov

 

About Angélique Belokopytov

Le ronronnement des moteurs m'a bercée depuis ma plus tendre enfance et rythme mon quotidien. Amoureuse de la course et du journalisme depuis des années, vivre de ces deux passions m’apparaît comme une évidence. Comme Schumi l'a dit un jour: “I’ve always believed that you should never, ever give up and you should always keep fighting even when there’s only a slightest chance.”

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