Angélique Belokopytov/ March 26, 2017/ International, Interview/ 1 comments

 

La Formule 1, cette compétition reine de la monoplace qui fait rêver tout jeune pilote. Pourtant, pour se donner la chance de poser le pied dans la Pit Lane de ce championnat, il faut gravir les échelons des « sous-catégories ».

Résultat de recherche d'images pour "andrea cola"

On entend peu parler des jeunes talents qui évoluent en monoplace. Certains débarquent comme
 des boulets de canon au sommet, les amteurs de sport moteur les découvrent en même temps que leur arrivée. Pourtant, leur route a été longue. Rencontre avec Andrea Cola, jeune rookie en Formule 2 Trophy, présent mercredi et jeudi aux tests Formule 3 à Spa-Francorchamps.

 

Une course folle

Comme tout jeune pilote, Andrea commence par le karting, à l’âge de 10 ans. « La course c’est ma vie. J’ai un peu forcé mon entourage à me suivre et à me donner ma chance » explique le jeune homme. À l’époque, son père, Massimo, a du mal à accepter ce choix.  « J’ai toujours aimé les voitures et la course, j’en pratique en amateur et je comprends que quelque part, cela vient de moi. Mais le karting, c’est un mode de vie très difficile pour un jeune garçon. J’ai même essayé de le dissuader parce que ça représente beaucoup trop de pression. Mais il a toujours voulu le karting. »

Rapidement, le résultat suit. Andrea enchaine les titres de champion régional dans des compétitions de karting diverses et obtient des licences. « Ma vie a beaucoup changé depuis que j’ai commencé à rouler. J’ai arrêté le football, même si j’étais bon joueur. J’ai moins de temps pour le relationnel aussi. Mais j’ai la chance d’avoir de bons amis qui comprennent ce que je vis. Ce sont mes plus grands fans. Ils viennent à mes courses avec de grandes pancartes en guise de soutien. »

Il suffit parfois que le hasard intervienne pour que tout se chamboule. « Je possède une Formula Abarth, se souvient le père, et j’ai mis Andrea dedans pour jouer. À la base, j’étais le pilote, et

Andrea Cola et le team Monolite Motorsport après une victoire

Andrea Cola et le team Monolite Motorsport après une victoire

lui l’enfant. Mais il a fait 2 secondes mieux que moi. Là j’ai compris qu’il y avait quelque chose. »
Andrea réalise encore quelques tests par la suite, avec des chronos convainquants. Père et fils montrent ces résultats à Rudi Mariotto, team manager de Monolite Racing. En voyant les temps réalisés, il décide d’engager Andrea sur quelques courses en Formule 2 Trophy en Italie. Le jeune pilote termine deuxième de sa catégorie, et ce, en arrivant en fin de championnat. Monolite Racing, le signe officiellement à la dernière course. Le team voit tellement de potentiel en sa jeune recrue qu’il décide de mettre de côté son programme en Clio Cup pour se consacrer à l’évolution d’Andrea.

 

Pilote et co-pilote

Et le moteur de cette carrière qui démarre sur les chapeaux de roues, c’est la relation père-fils. Un lien fusionnel et puissant, d’où Andrea tire une partie de sa force. « On a une relation très particulière avec mon père. Sa présence représente beaucoup pour moi. C’est mon plus grand soutien. S’il n’était pas là, c’est clair, je roulerai toujours de la même façon mais ça ne serait pas la même chose. Quand je suis en course, je fais de mon mieux pour moi, pour le team et pour lui. »

Andrea Cola et son père Massimo Cola ©Angélique Belokopytov

Andrea Cola et son père Massimo Cola ©Angélique Belokopytov

Massimo, tel un co-pilote, se donne jusqu’au bout pour son fils. « Il m’a fallu du temps pour accepter cette situation. Avant je donnais 95% de mon temps à ma femme et mes deux enfants. Aujourd’hui, je donne 95% pour Andrea. J’essaie d’être égalitaire, mais c’est impossible. »

Les yeux du tigre

Andrea Cola avant d'entrer en piste © Angélique Belokopytov

Andrea Cola avant d’entrer en piste © Angélique Belokopytov

 

« Il faut le voir, une fois qu’il monte dans son baquet, il a ce que j’appelle les yeux du tigre ! » constate Massimo. Derrière sa timidité, le numéro 99 possède une réelle rage de vaincre. Les tests à Spa-Francorchamps l’ont d’ailleurs mis à rude épreuve. En plus de découvrir une nouvelle piste, sa monoplace a souffert de plusieurs problèmes techniques, l’empêchant de pousser jusqu’au bout. « Je pousse, mais le moteur ne suit pas. Je ne suis pas là pour faire des temps comme ça ! » a lancé le rookie, furieux, en sortant de son baquet après quelques tours.
Le team comprend cette envie de faire des résultats probants mais lui demande d’apprendre à contrôler cette rage de vaincre de manière positive. « Quand je suis en course, je me sens concentré, sous tension et heureux. Plus rien n’existe. »

« Je me souviens de ma première victoire… Quand j’ai vu mon résultat sous le drapeau en damier, que j’ai vu le team m’applaudir, c’est incroyable. C’est impossible à décrire. C’est dans ces moment-là que je me rends compte que je fais ce qu’il a de meilleur pour moi. C’est comme une drogue, mais une bonne drogue, qui fait du bien. »

Andrea apprend également de ses erreurs. « J’avais fauté au Mugello. Mais sur le moment, je me reconcentre directement pour continuer ma course. C’est lorsque je rentre chez moi, que tout se passe. Je me mets à réfléchir pour voir comment et pourquoi ça a pu se passer. Mais ensuite je ne focus pas ‘j’ai fait quelque chose de mal’ mais plutôt ‘je peux faire mieux’ et je trouve comment. »

Du haut de ses 17 ans, le jeune pilote connait déjà son succès en Italie. Le jeune italien a déjà

Andrea Cola dans la Pit Lane ©Angélique Belokopytov

Andrea Cola dans la Pit Lane ©Angélique Belokopytov

été légèrement approché par la Ferrari Academy School. Dès qu’on parle du cheval cabré à la Botte, cela déchaine les foules. « On a été surpris de découvrir que j’avais un fan club sur Twitter. C’est dingue. Mon père s’occupe de leur envoyer le plus de nouvelles par rapport à mes activités et mes résultats. Je n’aurais jamais cru que ça pouvait m’arriver. » 

 

 

Le volant tourné vers l’avenir

Tout comme sur la piste, chaque seconde compte. Chaque réussite et chaque faux-pas font et défont une carrière. En 2017, il disputera la F2 Italian Trophy. Par la même occasion, il prévoit de se rendre sur quelques courses du championnat européen de F3 afin de s’y faire repérer. Il projette d’intégrer la F3 espagnole la saison qui suit, un championnat qui propose un très haut niveau. L’objectif est d’ouvrir les portes de la F3 européenne. « Le futur ne me fait pas trop peur, je vis au jour le jour, j’essaie de donner le meilleur de moi-même à chaque minute pour atteindre mes objectifs, c’est-à-dire la Formule 3 européenne pour le moment. C’est sûr que la F1 c’est mon grand rêve je ne le cache pas. Qui ne tente rien n’a rien, il faut toujours viser haut. »

Andrea reviendra désormais avec un petit accent belge dans les pots d’échappement, puisqu’il est littéralement tombé amoureux de Spa-Francorchamps. Le « 9ty9 » n’attend qu’une chose : revenir en juin disputer la F3 sur le plus beau circuit du monde.

Andrea Cola à Spa-Francorchamps ©Angélique Belokopytov

Andrea Cola à Spa-Francorchamps ©Angélique Belokopytov

 

 

Angélique Belokopytov

About Angélique Belokopytov

Le ronronnement des moteurs m'a bercée depuis ma plus tendre enfance et rythme mon quotidien. Amoureuse de la course et du journalisme depuis des années, vivre de ces deux passions m’apparaît comme une évidence. Comme Schumi l'a dit un jour: “I’ve always believed that you should never, ever give up and you should always keep fighting even when there’s only a slightest chance.”

1 Comment

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
*
*